L’année 2026 invite à dresser un constat préoccupant sur l’évolution des féminicides : en hausse en Belgique et toujours à un niveau critique en France, ils rappellent que les violences faites aux femmes constituent un fait social structurel. Ni les engagements politiques affichés, comme la « grande cause du quinquennat » d’Emmanuel Macron, ni les lois adoptées, telle la loi belge « Stop féminicide » de 2023, ne suffisent à enrayer durablement ce phénomène. Face à ces limites, la lutte doit devenir une responsabilité collective, dans laquelle les collectivités locales jouent un rôle central comme premiers acteurs de terrain.
Au-delà des festivités, la nouvelle année 2026 constitue une occasion précieuse de prendre du recul, de regarder en arrière et de dresser un état des lieux de la société dans laquelle nous vivons. Ce moment de bilan est d’autant plus nécessaire lorsque les violences faites aux femmes demeurent une réalité persistante, inscrite dans nos structures sociales et trop souvent reléguée au rang de tragédie répétée.
Un nombre de féminicide toujours en hausse
Les chiffres récents sont sans appel. En Belgique, au moins 26 féminicides ont été recensés en 2025 par le collectif StopFéminicide, soit une hausse marquée de 19% par rapport à 2024. En France, la situation reste tout aussi alarmante, avec 166 féminicides décomptés par NousToutes sur l’année écoulée. Magré un décompte en deça de la réalité, ces données rappellent cruellement que les féminicides ne reculent pas, et qu’ils continuent d’endeuiller nos sociétés à un rythme insoutenable.
Ce constat démontre que ni les postures politiques générales, comme la proclamation de l’égalité femmes-hommes en « grande cause du quinquennat » par Emmanuel Macron, ni même les avancées législatives porteuses d’espoir, telles que la loi belge « Stop féminicide » adoptée en 2023, ne suffisent à enrayer un fait social profondément structurel. Les féminicides ne disparaissent pas par décret. Ils exigent une mobilisation continue, collective, concrète.
Les collectivités locales comme acteurs centraux de la lutte contre les féminicides
Dans cette lutte, les collectivités locales doivent être les premières institutions pleinement engagées. Elles sont les acteurs de proximité, les premiers relais de prévention, de sensibilisation et de mise en réseau. Elles disposent d’un pouvoir d’action direct sur le terrain, au plus près des habitantes.
L’exemple de la commune de Saint-Gilles illustre cette capacité à agir. En collaboration avec l’Ambassade d’Italie en Belgique, elle a inauguré en ce début d’année un banc rouge, symbole fort de la mémoire des féminicides. Cette initiative, née en Italie en 2016 sous le nom de Panchina Rossa, vise à rendre visibles dans l’espace public les femmes tuées par leur partenaire ou ex-partenaire, et à rappeler que l’indifférence tue autant que la violence.
Pourtant, de nombreux élus reconnaissent aujourd’hui se sentir démunis face à l’ampleur du phénomène, faute d’outils ou de compréhension suffisante des mécanismes des violences. Ce sentiment ne doit pas conduire à l’inaction. Les responsables locaux doivent au contraire devenir les porte-voix des femmes de leur commune, en intégrant dans leur colonne vertébrale politique les conseils et l’expertise d’acteurs spécialisés comme la Fédération nationale Solidarité Femmes, qui met à disposition un guide pratique pour agir concrètement à l’échelle municipale.
De son côté, PLS s’engage pour cette cause commune en coordonnant le réseau CEASE dont le but est de former le personnels et les managers d’entreprises à la détection des situations de violences et à l’accompagnement des personnes concernées.