Résilience et revendication queer après l’attentat de la Pride de Berlin

Le 25 juillet 2026 la marche des Fiertés de Berlin, aussi appelée Christopher Street Day, a été frappé par un attentat terroriste tuant une femme et blessant 29 personnes.  

Cet attentat survient dans un climat de plus en plus hostile aux personnes queer en Allemagne. En 2025, Hambourg avait enregistré 166 infractions liées à l’orientation sexuelle ou à la diversité de genre. 

Appel à un revirement politique et à la reprise du plan d’action national « Queer leben » abandonné en 2025 

La situation des minorités LGBTQIA+ en Allemagne aujourd’hui, et dans le reste de l’Union Européenne, est préoccupante.  Depuis les élections de 2025, on note un recul de la politique fédérale en faveur des personnes LGBTQIA+. Le plan d’action national « Queer leben », adopté en 2022, a été complètement abandonné par le gouvernement issu des élections de 2025. Ce plan d’action comprenait un vaste ensemble de mesures visant à contrer activement la queerphobie, à réduire les inégalités et à faire progresser davantage la politique d’égalité des genres. De nombreuses avancées ont ainsi été rendues possibles, notamment l’adoption de lois pour mieux encadrer les crimes haineux contre les personnes LGBTQIA+, ou encore pour mettre fin à la discrimination lors des dons de sang. De nombreuses associations et collectifs queer, comme la Hamburg Pride, ont réclamé la reprise de ce plan à la suite de l’attentat.  

A cela s’ajoutent d’autres déclarations en faveur d’un revirement politique en faveur de la protection des droits des minorités LGBTQIA+. Le leader du Parti de gauche, Luigi Pantisano, a ainsi renouvelé la demande de son parti d’ancrer les droits des personnes queer dans l’article 3 de la Loi fondamentale allemande.   

Deuil et résilience de la communauté queer en Allemagne et au-delà des frontières  

De nombreux hommages se sont succédés partout en Allemagne. Deux jours après l’attentat, des centaines de personnes sont venues commémorer les victimes à la porte de Brandebourg qui s’est peu à peu recouverte de fleurs.  D’autres mobilisations ont aussi eu lieu partout en Europe. Par exemple, en France, une cinquantaine de personnes se sont rassemblées pour une minute de silence le 1er août à Poitier à la suite de l’appel du Collectif LGBTQIA+ 86.  

Aux commémorations, deuil et minutes de silence s’ajoutent de nombreux appels à la résistance queer. L’association Berlin CSD a déclaré continuer à défendre bruyamment les droits des personnes queer même après l’attaque. Marcel Voges, membre du conseil d’administration de l’association explique : « Pour moi, cela signifie que nous devons devenir encore plus bruyants et encore plus visibles. ». De nombreuses déclarations intersectionnelles se dégagent des discours et dénoncent l’instrumentalisation par la droite et l’extrême droite du caractère islamique de l’attentat pour attiser le racisme et l’islamophobie.  Le groupe parlementaire SPD a notamment appelé à soutenir les personnes queer musulmanes. 

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