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« L’auto-discrimination » : un obstacle supplémentaire dans la quête d’un emploi pour les jeunes issus de l’immigration

Études & Dossiers
Octobre 2015
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Éditée par la Fondation Roi Baudouin, cette nouvelle étude de PLS, réalisée en collaboration avec le CeMIS de l’Université d’Anvers, vise à mettre en lumière le phénomène peu connu de l’« intériorisation des discriminations » par les jeunes d’origine immigrée en Belgique. La publication examine ses conséquences sur l’insertion socio-professionnelle de ces jeunes, afin de favoriser la prise de conscience des acteurs socio-professionnels et d’encourager la création d’une relation de confiance entre les jeunes demandeurs d’emploi issus de l’immigration, les employeurs et tous autres acteurs de l’insertion professionnelle.

Parmi les principaux leviers d’intégration des personnes d’origine étrangère dans leur pays d’accueil, la participation au marché de l’emploi occupe une place essentielle. Or la Belgique enregistre de mauvais résultats en la matière : l’écart entre le taux de chômage de ses ressortissants (10%) et celui des étrangers (22%) – source OCDE – est l’un des plus élevé d’Europe.

La discrimination sur le marché de l’emploi ou à l’école, dont souffrent régulièrement les jeunes d’origine immigrée ou perçus comme tels, constitue évidemment l’une des causes de ce déséquilibre. Mais, et ce phénomène est largement méconnu, à la discrimination « directe » viennent s’ajouter les effets de l’ « intériorisation de la discrimination ».

La discrimination présente deux facettes. Les actions ou comportements discriminatoires de certains employeurs en constituent la face directement palpable. L’autre côté, moins visible au premier coup d’oeil, est constitué par les dispositions psychologiques intériorisées par les demandeurs d’emploi eux-mêmes. Celles-ci constituent une barrière supplémentaire à franchir – intérieure et passive, celle-là, mais tout aussi handicapante – dans la quête d’un emploi. Cette intériorisation de la discrimination peut amener les jeunes à développer des comportements parasites, et justifier ainsi des échecs qui ne sont pas directement imputables à la discrimination. Ils vont développer des stratégies parfois inconscientes – résignation, démotivation, retrait, désaffiliation, etc. – pour éviter d’avoir à affronter un marché de l’emploi – et des employeurs – ressentis comme hostiles. Ce faisant, ils tentent de protéger leur estime de soi : puisque le marché de l’emploi ne veut pas d’eux, ils s’en détourneront pour se mettre à l’abri de nouvelles désillusions.

Résultat ? Les jeunes demandeurs d’emploi immigrés ou perçus comme tels vont, par leurs attitudes, leur comportement, les décisions qu’ils prennent, renforcer encore, malgré eux, le pouvoir de nuisance de la discrimination : un dangereux cercle vicieux.

Cette étude repose, d’une part, sur une recherche bibliographique et statistiques, et, de l’autre, sur des entretiens approfondis avec des chercheurs, et des rencontres et focus groupes avec des acteurs de terrain.

Une version imprimée de cette publication électronique peut être commandée (gratuitement) sur le site de la Fondation Roi Baudouin.

Étude également disponible en néerlandais

Contact: 

Françoise Kemajou

Fichier attaché: 

Pays: 

Belgique

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