Crise climatique : des effets connus et d’autres ignorés
Aujourd’hui, les épisodes de fortes chaleurs tendent à se multiplier et à durer plus longtemps. Les impacts physiques et sanitaires du changement climatique sur les populations sont bien connus : coups de chaleur, déshydratations, propagation de maladies, affaiblissement physique…
La crise environnementale a aussi des conséquences souvent ignorées comme l’aggravation des violences genrées.
La violence basée sur le genre est un problème endémique mondial qui se traduit sous différentes formes : physique, émotionnelle, sexuelle, psychologique ou encore économique. Le changement climatique tend à multiplier ces menaces.
A l’échelle mondiale, une femme sur trois a subi une forme de violence au cours de sa vie. Les femmes et les filles sont disproportionnellement affectées, constituant l’un des groupes les plus vulnérables.
Un lien confirmé par la recherche
L’Europe n’est pas immunisée face à ce type de violence.
Dans un récent rapport mené par l’initiative Spotlight (partenariat entre l’Union Européenne et l’ONU), “chaque augmentation de 1 °C de la température mondiale est associée à une augmentation de 4,7 % des violences conjugales”
Un constat scientifique a été établi reliant une augmentation de la violence avec les hausses de températures. En effet, dans un rapport publié en 2023, les épisodes caniculaires activent des mécanismes physiologiques liés au stress favorisant l’agitation et des réactions émotionnelles excessives et très souvent violentes.
De fait, les femmes deviennent une des principales victimes de cette corrélation.
Comme durant la période de la COVID-19, les populations sont fortement incitées à rester chez elles. Les femmes se retrouvent donc enfermées avec leur conjoint pendant de longues périodes, propices à une augmentation de la violence à leur encontre. De plus, en période de vacances, les victimes sont beaucoup plus exposées de part un ralentissement de l’activité des dispositifs d’aide et des services publics.
Des politiques publiques à repenser
Face à l’aggravation de la crise climatique, les mesures actuelles de protection des femmes victimes de violences doivent être renforcées et adaptées aux situations à venir.
Aujourd’hui, les pouvoirs publics n’intègrent pas les violences genrées dans leurs plans canicule. Il semble pourtant nécessaire d’intégrer une catégorie particulière, au même titre que les personnes âgées ou malades.
L’approche dans la lutte contre ce type de violence reste cloisonnée et devrait être abordé de manière transversale, entre les différents ministères, à l’instar du ministère de l’environnement, de l’intérieur et de la santé.
Si cet angle reste ignoré, les victimes resteront sans réponses adaptées.
Enfin, à l’échelle individuelle, il semble important de soutenir des réseaux d’autosurveillance, de maintenir une certaine vigilance pour signaler toute situation inquiétante, notamment pendant la période estivale où les interactions sociales tendent à diminuer avec les fortes chaleurs.
A ce titre, des initiatives comme le réseau CEASE, porté par Pour la Solidarité-PLS, permettent d’impliquer les entreprises dans la détection, la prévention et l’orientation des victimes de violences, contribuant à aire des lieux professionnels des espaces sûrs.