Lutte contre les « deepfakes » à caractère sexuel : le Parlement européen vote pour l’interdiction

 Le 26 mars, le Parlement européen a largement voté l’interdiction des IA générant des images de personnes dénudées, en attendant la négociation finale avec le Conseil. 

Deepfakes sexuels : les députés européens réclament une interdiction 

Le Parlement européen veut interdire les systèmes de “nudification”, capables de générer des images pornographiques réalistes sans consentement. Cette interdiction ne concernerait pas les IA déjà équipées de mesures de sécurité empêchant ces usages, précise l’institution 

À l’initiative de la France et de l’Espagne, les États membres avaient déjà validé cette mesure le 13 mars. Les négociations entre le Parlement et le Conseil de l’UE vont désormais commencer pour définir le texte final. 

La proposition de loi vise en particulier Grok, le chatbot du réseau social X, déjà critiqué pour la diffusion d’images sexualisées générées sans consentement. En février, l’autorité irlandaise de protection des données a ouvert une enquête après la création de deepfakes déshabillant des femmes, y compris mineures. La plateforme avait d’ailleurs reconnu, le 2 janvier, des “failles” permettant la production de tels contenus. 

La Commission européenne mène également plusieurs enquêtes contre X dans le cadre du Digital Services Act, afin de vérifier si le réseau a correctement évalué les risques liés aux images sexuelles manipulées. 

L’IA, un moteur des discriminations sexistes 

 L’IEFH observe aussi l’apparition de nouvelles formes de violences conjugales rendues possibles par l’IA, notamment la « traque numérique ». Les signalements de violences sexuelles en ligne ont augmenté de 25 % en 2024 et de 75 % en 2025.  

Unia, l’institution belge chargée de lutter contre les discriminations, s’inquiète aussi de l’usage de l’IA. Elle pointe notamment les risques de discrimination lors de recrutements, dans les demandes de prêts basées sur des modèles prédictifs, ainsi que dans les systèmes de reconnaissance faciale, qui identifient moins bien les personnes racisées et les femmes. 

Récemment, une page Facebook se faisant passer pour la princesse Élisabeth a diffusé des photos et vidéos générées par l’IA, dont certaines la montrent en petite tenue. Totalement fabriquées, ces images ont rapidement suscité de vives réactions. 

Alors que l’Europe s’apprête à encadrer plus strictement les usages de l’intelligence artificielle, les deepfakes sexuels apparaissent comme l’un des enjeux les plus urgents. Le vote massif du Parlement européen marque une étape décisive, mais la bataille est loin d’être terminée : les négociations avec le Conseil devront encore préciser les obligations imposées aux plateformes et les responsabilités des développeurs d’IA. 

Dans un contexte où les outils de génération d’images se diffusent à grande vitesse et facilitent de nouvelles formes de violences, les autorités européennes veulent envoyer un signal fort.  

 

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