Face à l’augmentation des frais d’inscription et à la réduction des exonérations, de nombreux·ses étudiant·es étranger·ères en France craignent de devoir abandonner leurs études. Cette nouvelle mesure marque les différences éco-sociales entre les étudiant·es.
L’augmentation des frais de scolarité : les étudiant·es étranger·ères ciblé·es
La France durcie sa politique d’accueil des étudiant·es étranger·ères. En effet, le gouvernement prévoit d’appliquer plus strictement la hausse des frais d’inscription pour les étudiant·es non européen·nes, qui doivent désormais payer plusieurs milliers d’euros par an pour étudier à l’université. Cette décision s’inscrit dans une volonté de mieux financer les établissements, mais elle marque une rupture avec le modèle d’accès relativement accessible qui existait auparavant.
Effectivement, une grande majeure partie des étudiant·es étranger·ères travaillent à côté de leurs études pour subvenir à leurs besoins. Le gouvernement français avait déjà décidé qu’à partir de juillet 2026, certains étudiant·es étranger·ères non européen·nes pourraient perdre le droit aux aides au logement, sauf s’ils sont boursier·ères ou remplissent des conditions strictes de résidence.
De nombreuses associations et organisations étudiantes dénoncent une décision jugée injuste. Elles estiment qu’elle crée une inégalité entre étudiant·es selon leur nationalité et fragilise une population déjà précaire.
En Belgique : le gouvernement suit le même pas
Le gouvernement de la Fédération Wallonie-Bruxelles prévoit une augmentation des frais d’inscription, appelés « minerval », dès septembre 2026. Les nouveaux montants pourraient atteindre jusqu’à 1 194 euros par an, contre environ 835 euros actuellement pour un·e étudiant·e classique.
Plusieurs organisations étudiantes et sociales dénoncent une mesure qui risque de rendre les études moins accessibles. Elles craignent que certain·es jeunes renoncent à poursuivre des études supérieures pour des raisons financières.
Des mesures déjà mises en place aux États-Unis, aux résultats contestés
Le cas des États-Unis illustre les effets possibles de politiques plus restrictives envers les étudiants internationaux. Selon plusieurs analyses récentes, les universités américaines enregistrent en 2025 une baisse significative des inscriptions d’étudiant·e·s étranger·ère·s, en particulier chez les nouvel·le·s arrivant·e·s et dans les cycles de master.
Ces différentes politiques, qu’elles concernent la France, la Belgique ou les États-Unis, mettent en lumière une tendance commune : le durcissement des conditions d’accès aux études supérieures pour les étudiant·es étranger·ères. Si les gouvernements invoquent souvent des impératifs budgétaires ou de gestion des systèmes universitaires, ces mesures ont des conséquences sociales importantes.
L’augmentation des frais et la réduction des aides renforcent les inégalités entre étudiant·es, en rendant les études de plus en plus dépendantes des ressources financières individuelles. Dans ce contexte, l’accès à l’enseignement supérieur tend à devenir un privilège plutôt qu’un droit, ce qui fragilise le principe d’égalité des chances.