La Commission européenne s’oppose au projet espagnol de régularisation de 500 000 migrant·e·s.

Le gouvernement espagnol a récemment annoncé la régularisation d’un demi-million de personnes en situation irrégulière, une initiative qui suscite interrogations et contestations au sein de la Commission européenne.

Le gouvernement espagnol décide de régulariser 500 000 personnes  

Durant le mois de janvier, l’Espagne a annoncé une politique  permettant la régularisation de 500 000 migrant·e·s se trouvant sur son sol. Effectivement, cette mesure, portée par le gouvernement espagnol de gauche, serait mise en œuvre par décret-loi afin d’éviter un rejet de l’opposition de droite et d’extrême droite. La secrétaire générale Ione Belarra s’est exprimée : « Il est clair qu’ils travaillent, et qu’ils travaillent dans des conditions d’exploitation. Travailler sans papiers, c’est l’esclavage du 21ème siècle. C’est l’objectif de cette régularisation : que personne dans ce pays ne travaille sans droits ».  

Les personnes remplissant les critères pourront demander cette régularisation exceptionnelle jusqu’au 30 juin. L’acceptation du dossier suspendra toute procédure d’expulsion et donnera droit à un permis de séjour provisoire d’un an, avant une demande d’autorisation ordinaire.  

La Commission européenne émet des doutes sur cette direction prise par l’Espagne 

À l’annonce de la nouvelle mesure par le gouvernement espagnol, la Commission européenne a exprimé certaines réserves sur cette politique. En effet, de plus en plus l’Union européenne (UE) poursuit une politique en matière de migration et d’asile bien plus stricte. Le 10 février, le Parlement européen,  à la suite d’une coalition entre l’extrême-droite et la droite, a voté deux textes permettant aux États membres de l’UE d’envoyer des demandeur·euse·s d’asile vers des pays-tiers, dont la personne n’est pas ressortissante mais considérés comme « sûrs ».   

Ces textes, déjà largement critiqués, s’inscrivent dans un contexte de divergences croissantes entre États membres sur la politique migratoire, révélant les tensions persistantes au sein de l’Union européenne et les difficultés à trouver un consensus sur la gestion des flux migratoires et la répartition des responsabilités entre les pays. 

De ce fait, la Commission s’inquiète de la direction qu’envisage l’Espagne sur la question migratoire. En effet, l’UE se fonde sur un esprit de coopération loyale entre les États et le gouvernement espagnol semble s’en éloigner en prenant cette décision. Il est reporté que l’institution s’inquiète des impacts que cette mesure puisse avoir sur la libre circulation et le marché intérieur. 

L’Italie illustre une approche controversée et variable en matière de migration et d’asile au sein de l’UE 

L’Italie de Meloni s’est dressé comme le précepteur d’un mouvement anti-immigration en Europe, poussé par la montée de l’extrême-droite. La Première ministre italienne Giorgia Meloni a déjà expérimenté des dispositifs similaires, notamment des centres situés en Albanie pour accueillir et filtrer les migrant·e·s avant leur arrivée sur le territoire italien.  

La Première ministre s’est exprimée comme un symbole d’une Europe ferme durcissant sa politique migratoire. Cependant sur la période 2023-2025, 450 000 permis de séjour ont été accordés à des travailleur·euse·s hors l’UE afin de pallier la pénurie de la main-d’œuvre en Italie.  

La différence entre l’Espagne et l’Italie illustre l’hypocrisie de l’Union européenne en matière de migration : d’un côté, la montée de politiques nationales strictes, comme sous le gouvernement de Giorgia Meloni, contraste avec les besoins économiques de main-d’œuvre et les engagements européens en matière de solidarité et de protection des droits des migrant·e·s. Cette contradiction souligne les tensions entre souveraineté nationale et obligations de l’Union, et met en évidence les incohérences face aux défis migratoires. 

Inscription à notre newsletter